En bref : chaque race de chien a des fragilités connues (yeux, hanches, cœur, reins, dos…). La plupart peuvent être dépistées. Avant d'adopter, demandez à l'éleveur les résultats des tests faits sur les parents. Une fois votre chien à la maison, parlez avec votre vétérinaire des examens à prévoir, et à quel âge. Ces informations ne sont pas faites pour vous inquiéter : elles vous permettent d'agir tôt.
Chaque année, la Société Centrale Canine publie le classement des chiots de race inscrits au LOF. En 2025, près de 200 000 chiots de race sont nés en France. Derrière ce classement, il y a une information que peu de familles connaissent : chaque race a ses fragilités, et la plupart sont connues, documentées et souvent dépistables.
Voici le top 10, et pour chaque race ce qu'il est utile de savoir.
Avant tout : qui fait les tests ?
Il y a deux moments, et deux interlocuteurs.
Avant l'adoption, l'éleveur. Un éleveur sérieux fait tester ses reproducteurs (radios des hanches, examen des yeux, tests ADN) et peut vous montrer les résultats. Vous avez le droit de les demander. Un éleveur qui refuse de vous les montrer ou qui reste évasif doit vous mettre en alerte.
Après l'adoption, votre vétérinaire. Certains examens se font sur votre chien lui-même, à un âge précis : un bilan sanguin et urinaire, une échographie du cœur, un contrôle des yeux. Votre vétérinaire peut les programmer, à condition qu'on y pense. N'hésitez pas à lui demander : « Quels examens recommandez-vous pour sa race, et à quel âge ? » ou venez avec votre liste car on a déjà vu des vétérinaires ne pas savoir et ne pas prescrire un test à un chien.
Ne pas attendre les signes : l'exemple des reins
Je tiens à en parler parce que c'est un sujet que l'on évoque trop peu. Une famille m'avait contactée pour son jeune Boxer. Je n'ai jamais pu le rencontrer : ses reins n'avaient été contrôlés qu'une fois les signes apparus, c'est-à-dire trop tard.
Le Boxer fait partie des races aux reins fragiles. Un bilan rénal (prise de sang et analyse d'urine) est recommandé vers 9 mois, même si le chien semble en pleine forme. Les reins se taisent longtemps : quand un chien commence à boire beaucoup, à uriner plus souvent en grande quantité ou à maigrir, une grande partie de leur fonction est souvent déjà perdue. Un dépistage précoce permet d'adapter tout de suite l'alimentation et l'hygiène de vie.
Le Boxer n'est pas le seul : dans ce top 10, le Cocker est lui aussi concerné (voir n° 4). Demandez à votre vétérinaire dans la prise de sang annuel de tester en plus SDMA.
1. Golden Retriever
Ses fragilités connues : maladies des yeux (atteintes de la rétine, cataracte), dysplasie de la hanche et du coude.
À demander à l'éleveur : un examen des yeux récent des deux parents (de moins de 2 ans), les résultats officiels des radios des hanches et des coudes, et, selon la lignée, le test ADN de l'ichtyose (une maladie de peau héréditaire).
À voir avec votre vétérinaire : un contrôle des yeux régulier, au moins tous les 2 ans à partir de 1 an.
Au quotidien : garder votre Golden mince est l'un des meilleurs moyens de préserver ses articulations. C'est une race gourmande et qui prend vite du poids.
2. Berger Australien
Ses fragilités connues : maladies des yeux (cataracte juvénile, atrophie de la rétine, anomalie de l'œil du Colley), dysplasie de la hanche et du coude, et surtout la mutation MDR1.
Le MDR1, c'est quoi ? Une sensibilité génétique à certains médicaments courants (antiparasitaires, anesthésiques, anti-diarrhéiques…). Chez un chien porteur, ces médicaments peuvent provoquer une intoxication grave, parfois mortelle. Et c’est tout, j’ai entendu dire par des vétérinaires que c’était une sensibilité à tout. Ce n’est pas vrai.
À demander à l'éleveur : le statut MDR1 des parents, l'examen des yeux par un vétérinaire ophtalmologiste, les radios des hanches et des coudes.
À voir avec votre vétérinaire : si le statut MDR1 de votre chien n'est pas connu, faites-le tester. C'est une simple prise de sang ou un frottis de joue. Signalez-le ensuite à chaque consultation, y compris en urgence.
Vous pouvez aussi faire un frottis de la joue vous même et l’envoyer à un labo comme Antagene ou Koko
3. Staffordshire Bull Terrier
Ses fragilités connues : la L2-HGA, une maladie neurologique propre à la race, qui apparaît entre 6 mois et 1 an (crises convulsives, démarche vacillante, raideurs après l'effort ou l'excitation, changements de comportement), la cataracte héréditaire et la myélopathie dégénérative (une paralysie progressive de l'arrière-train).
À demander à l'éleveur : les tests ADN des parents pour la L2-HGA et la cataracte héréditaire, avec un résultat « indemne ».
À voir avec votre vétérinaire : tout signe neurologique inhabituel chez un jeune Staffie doit être signalé rapidement.
4. Cocker Spaniel Anglais
Ses fragilités connues : atrophie progressive de la rétine (perte de la vue) et néphropathie familiale, une maladie rénale héréditaire du jeune chien. Environ 1 Cocker européen sur 5 en serait porteur.
À demander à l'éleveur : les tests ADN des parents pour l'atrophie de la rétine et la néphropathie familiale, l'examen des yeux, les radios des hanches et des coudes.
À voir avec votre vétérinaire : si le statut des parents n'est pas connu, un bilan rénal précoce (sang et urine) est à envisager. Le Cocker a aussi des oreilles qui demandent une surveillance régulière.
5. Berger Belge (Malinois, Tervueren, Groenendael, Laekenois)
Ses fragilités connues : dysplasie de la hanche et du coude. L'épilepsie est aussi une préoccupation connue dans la race.
À demander à l'éleveur : les résultats officiels des radios des hanches (notées A ou B) et des coudes, et s'il y a eu des cas d'épilepsie dans la lignée.
Au quotidien : ce sont des chiens très actifs. Une croissance maîtrisée (alimentation adaptée, pas d'efforts intenses ni de sauts répétés avant la fin de la croissance) protège leurs articulations.
6. Labrador Retriever
Ses fragilités connues : les mêmes que le Golden (yeux, hanches, coudes). D'autres maladies héréditaires peuvent s'y ajouter : atteinte de la rétine, collapsus à l'effort (EIC), atteinte de la truffe (HNPK), myopathie (CNM).
À demander à l'éleveur : un examen des yeux récent des parents, les radios des hanches et des coudes, et les tests ADN pratiqués dans la lignée.
Au quotidien : le Labrador est la race gourmande par excellence. Le surpoids abîme ses articulations et raccourcit sa vie : pesez-le régulièrement.
7. Berger Américain Miniature
Ses fragilités connues : maladies des yeux (cataracte héréditaire, atrophie de la rétine, anomalie de l'œil du Colley) et mutation MDR1, comme le Berger Australien.
À demander à l'éleveur : le statut MDR1 des parents et un examen des yeux récent par un vétérinaire ophtalmologiste. Un test ADN de la cataracte ne remplace pas cet examen.
À voir avec votre vétérinaire : faire tester le MDR1 de votre chien si vous ne le connaissez pas, et le rappeler à chaque soin.
Vous pouvez aussi faire un frottis de la joue vous même et l’envoyer à un labo comme Antagene ou Koko
8. Cavalier King Charles
Ses fragilités connues : la maladie de la valve mitrale (cœur), très fréquente dans la race et qui peut apparaître dès 2 ans. La syringomyélie (une atteinte neurologique) et certaines maladies des yeux sont aussi connues.
À demander à l'éleveur : une échographie du cœur des deux parents, réalisée dans l'année. Les risques diminuent nettement quand les parents n'ont pas de souffle au cœur à un âge avancé.
À voir avec votre vétérinaire : une auscultation du cœur à chaque visite, et une échographie à partir de 18 mois si un souffle apparaît.
9. Berger Allemand
Ses fragilités connues : dysplasie de la hanche et du coude, myélopathie dégénérative (une paralysie progressive de l'arrière-train, généralement après 8 ans).
À demander à l'éleveur : les résultats officiels des radios des hanches et des coudes et le test ADN de la myélopathie dégénérative (gène SOD1) sur les deux parents.
Au quotidien : poids de forme, activité régulière et muscles entretenus soutiennent ses articulations tout au long de sa vie.
10. Teckel
Ses fragilités connues : la hernie discale, la maladie emblématique de la race, liée à son dos long. D'autres maladies sont aussi connues : maladie de Lafora (une forme d'épilepsie chez le teckel nain à poil dur, vers 5 ans), ostéogenèse imparfaite (os fragiles, rare), nécrose de la tête du fémur, atrophie de la rétine chez le nain à poil long.
À demander à l'éleveur : les tests ADN adaptés à la variété (Lafora pour le poil dur, par exemple) et, si possible, des radios du dos des parents.
Au quotidien : limitez les escaliers et les sauts du canapé, utilisez un harnais plutôt qu'un collier, et surveillez son poids : chaque kilo en trop pèse sur son dos.
Questions fréquentes
Quels tests de santé demander à l'éleveur avant d'adopter un chiot ? Demandez les résultats des tests faits sur les deux parents : radios officielles des hanches et des coudes, examen des yeux récent et tests ADN propres à la race. Ils doivent figurer par écrit.
Mon chien n'a pas été testé par l'éleveur, que faire ? Beaucoup de tests ADN se font sur un frottis de joue, à tout âge. D'autres examens (bilan rénal, échographie du cœur, contrôle des yeux) se programment selon l'âge et la race.
Un chien de race est-il forcément fragile ? Non. Une prédisposition n'est pas une maladie. Elle indique seulement ce qu'il faut surveiller. Un chien issu de parents testés, bien nourri et dont le mode de vie est adapté peut vivre longtemps en bonne santé.
À quel âge faire un bilan rénal chez le chien ? Pour les races aux reins fragiles, comme le Boxer, un bilan sanguin (pas juste l’urée et la créatine on demande le SDMA en plus même si le vétérinaire dit que ce n’est pas utile, vous payez ce test donc vous y avez droit) et urinaire est recommandé vers 9 mois, puis régulièrement selon l'avis de votre vétérinaire. Pour les autres chiens, un bilan annuel à partir de 7 ans est un bon repère.
Ce que je peux faire pour votre chien
Connaître les fragilités de sa race, c'est savoir où porter son attention. Au cabinet Simple, à Bordeaux, je tiens compte de ces prédispositions pour proposer une alimentation et une hygiène de vie qui soutiennent le terrain de votre chien : poids de forme pour les articulations, alimentation adaptée quand les reins sont fragiles, environnement apaisé. Cet accompagnement se fait toujours en complément du suivi de votre vétérinaire, et au rythme du binôme.
Vous venez d'adopter un chiot ou votre chien fait partie de ces races ? Faisons le point ensemble lors d'une consultation au cabinet à Bordeaux.